Tuitui.org le retour

Non ce n’est pas un éternel “oui promis je vais reposter” mais plutôt un “je n’avais pas updaté WordPress depuis 2007, je me suis fait hacké comme un malpropre, j’ai pris une semaine pour recoller tous les bouts, et forcément j’ai dû perdre des trucs au passage”.

Je pense que tout a à peu près survécu à l’aventure, modulo quelques problèmes d’encodage de ci de là. Sans compter les moult bouts de scotch qui tenaient ma base de données entre la migration du tuitui blog engine (complètement personnel) attachée à un vieux wordpress (encore des problèmes d’encodage)…

Bref, le jour où j’aurais la motivation de personnaliser le thème par défaut de WordPress (ou alors je passe à Typo)…

Entre temps, pour vous faire patienter, sachez que mon boulot est de faire des zolies images, et que mon dernier projet s’est retrouvé sur Android. Si vous avez un smartphone qui n’est pas Apple, ça devrait aller. Ca s’appelle “2^32 Flowers” et c’est là que ça se passe.

Vancouver jour 3-4

Je n’avais eu qu’un prénom, Yukiko, et encore je n’étais pas sûr du premier k, c’était peut-être un m. En regardant sur son badge au milieu d’un mouvement de foule, pour la seule fois où je la retrouvais hier. Elle avait le don de disparaître au moment où je l’apercevais. Tant pis, je prenais le décalage horaire directement dans la tête, j’avais beau contrer à coups de tasses de café, je n’avais qu’un très mince souvenir de certaines présentations de l’après-midi.

La réception de la soirée n’apportait aucun réconfort. J’avais comme compagnie un thésard français bien sympathique à ma droite et à ma gauche une asiatique (locale) qui ne voulait pas parler visiblement.

Je rentrais à mon hôtel avec une présentation à finir de préparer (que voulez-vous, la pression n’était pas bien grande), trois répétitions plus tard j’avais l’impression d’être prêt mais l’heure était trop avancée pour bloquer.

Je pus donc présenter mon travail sans trop de soucis, avec une seule question, sûrement par manque d’intérêt de la plupart des gens, où parce que j’avais mal expliqué. J’avais perçu Yum/kiko s’asseoir dans la salle pendant ma présentation mais quand la session se termina elle n’était plus là. Je n’avais plus qu’à passer à la conférence suivante qui commençait dès le midi.

Par le plus grand des hasards, sur les plus de dix mille personnes présentes je croisais mon ami Marc de Tokyo pour aller déjeuner, puis mon ami David pour aller diner. Sans faire plus de dix mètres en sortant des sessions qui m’intéressaient. Une succession de coïncidences qui me laissaient penser que ce voyage était marqué par un karma un petit peu particulier.

Demain allais-je rencontrer les rockstars du milieu ? (J’avais déjà mes entrées chez Gearbox maintenant, qui sera le suivant ?)

Vancouver jour 2

J’étais dehors à six heures et demie. Le soleil venait à peine de se lever et l’air était encore bien frais au bord de l’eau, pas aidé par un léger vent qui rabattait tout ce qui avait passé la nuit au dessus du Pacifique, principalement de l’air froid. Mais je n’allais pas céder devant ces quelques petits degrés de moins qu’en Chine, je n’avais qu’à être à ma conférence à neuf heures ; je pris le temps de courir un peu pour trouver un endroit relativement sympathique, vue sur la baie, gazon et banc pour poser mon téléphone-montre, et calme sur fond de bruit blanc pour pratiquer ce qu’il me restait de la Chine.

Les sensations n’étaient pas tout à fait les mêmes qu’à Wudang, mais le plaisir était bien là.

De retour à l’hôtel pour un petit-déjeuner de champion (buffet de fruits yeah) et je partais pour le début de ma conférence où m’attendait un deuxième buffet petit-déjeuner. Bon, tant pis. Je retrouvais certaines têtes connues qui ne me reconnaissaient pas, et je passais la matinée à écouter tranquillement les présentations au niveau plus ou moins élevé. A ma droite je devais reconnaître une montre qui m’avait marqué la veille. Le profil était le même mais je n’osais pas regarder plus fixement cette demoiselle sans avoir l’air d’un imbécile.

La pause midi me permit de lever mes soupçons ; c’était bien la demoiselle à mes côtés dans l’avion qui avait passé la matinée à mes côtés. Pour un peu j’étais cet individu étrange qui l’avait traquée dans tout Vancouver pour la retrouver. Pour la peine elle ne revint pas l’après-midi. “The plot thickens”, comme diraient les locaux.

Comme quoi, dans ma cabane au fond des bois, j’avais maintenant une énigme à résoudre : qui était donc ma voisine.

Vancouver jour 1

Les neuf heures d’avion entre Narita et Vancouver m’avaient parues plutôt courtes, les hôtesses d’Air Canada très plaisantines, la nourriture agréable (mais sans plus), ma voisine avec des montres de grand luxe (oui, une à l’heure du Japon et une à l’heure du Canada) dessinant des mangas à ses heures perdues (mais elle cachait tout, donc impossible de voir le niveau) du haut de sa trentaine bien tassée, les canadiens très agréables et très serviables, toujours souriants, l’hôtel plutôt classe, la ville très jolie, et le décalage horaire pesant.

J’étais donc arrivé vers onze heures et demie du matin à mon hôtel, rien à faire de la journée, sans avoir vraiment recherché les spots touristiques du coin. J’allais donc à l’aventure, avec le petit prospectus gratuit recensant les spectacles du mois comme seul guide, où plutôt comme seule carte.

Je passais donc devant les lieux de la conférence des prochains jours (j’allais présenter un article), l’autre lieu de l’autre conférence que j’allais fréquenter dans la foulée, et je commençais à trouver à Vancouver des airs nord-américains qui pour l’instant ne me déplaisaient pas.

Je déjeunais d’un sandwich tout ce qu’il pouvait y avoir de classique, entre deux “Colleges”, avec un café “latte” à l’américaine, en profitant du WiFi disponible un peu partout pour ne rien regarder du tout au final, me laissant me faire emporter par l’ambiance locale.

Je finissais par tomber sur Chinatown, avec un marchant d’armes de KungFu comme premier magasin. Etonnamment ils avaient exactement le type de bâton dont j’avais besoin, mais à 60$ le bâton et aucun moyen de les transporter, je laissais passer l’occasion. Je passais quand même dans le jardin local, histoire de ne pas être trop dépaysé.

En sortant de Chinatown et en essayant de retourner vers Gastown (pourtant trois rues plus loin) je devais m’être trompé de rue, car j’étais entouré de personnes plus louches les unes que les autres, avec des signes de consommation assez frappants. Je me trouvais un peu trop sévère pour juger ces gens sur leur simple apparence quand la personne devant moi échangeait des billets contre une paire de seringues. Je rangeais mon appareil photo pour franchir l’avenue le plus naturellement possible.

En vérifiant sur ma carte je ne m’étais pas trompé, juste la rue entre Gastown et Chinatown me semblait à éviter pour mes prochaines aventures canadiennes.

J’allais retourner à mon hôtel en faisant le grand tour de Westend, là où étaient les plages de Vancouver, où les gens se baignaient par ce jeudi d’août. Il faisait vingt et quelques degrés à l’abri, sous le soleil direct bien plus, ce qui devait rendre l’eau bien agréable.

Je m’imaginais bien les rejoindre mais le décalage horaire me rappelait que je n’avais pas beaucoup dormi ces dernières vingt quatre heures, se baigner n’était peut-être pas le plus raisonnables des plans. Je continuais donc mon exploration de Stanley Park, où les oiseaux avaient appris à ne pas craindre ces étranges créatures munies d’appareils photos.

Le plus intéressant dans toute cette aventure était de se rendre compte à quel point Vancouver était une ville plus asiatique qu’américaine. J’entendais plus de chinois, japonais ou coréen que d’anglais dans la rue. Une sorte de combinaison des trois pays d’Asie du nord dans un cadre nord-américain (j’étais maintenant tout petit, et tout mince comparé à la moyenne locale).

Je dinais d’un succulent pantin poulet-pesto, je m’accordais un brownien pour dessert (je devais regretter ce geste, chaque bouchée devait friser les centaines de calories, mais quelles calories).

Je voyais le soleil disparaître à l’horizon, et j’essayais de retourner sur la côte ouest, au niveau des plages pour observer le coucher de soleil. Les nuages n’étaient pas vraiment de la partie, le résultat n’était pas vraiment satisfaisant, mais j’arrivais quand même à trouver un petit peu de soleil au milieu d’un saule qui me fit suffisamment plaisir pour vous laisser là pour aujourd’hui.

(demain, plus d’aventures de MacTuitui dans sa cabane au fond des bois)

Post Wudang, jour 11

Presque dix jours plus tard je n’étais toujours pas vraiment rentré. La faute à mon boulot sûrement trop laxiste (pourtant j’avais travaillé comme jamais pendant ces dix jours), à ses horaires trop libres et à la perspective d’aller à Vancouver dès jeudi (oui, j’avais un article à aller présenter, “Single-view Sketch Based Modeling”, qu’il s’appelait). Bref, je restais dans la montagne tout en restant à Tokyo. Je continuais à garder l’esprit relax “fangsong” de Wudang dans mon approche de la vie urbaine. (J’avais quand même fini par exprimer gestuellement mon mécontentement quand une voiture me coupa la route ce matin en allant au travail à vélo, mais c’était plus par principe que par réel énervement.) J’abordais chaque nouvelle discussion d’une autre attitude.

J’avais repris mon bâton pour aller m’entraîner dans un parc proche de mon appartement, entre deux pluies, ce dimanche un peu trop tranquille. Le bâton ne m’avait pas pardonné mon manque de pratique: au dixième mouvement, un énorme paf et mon genou était la première victime. Que de bons souvenirs. Mon corps était en forme, ne pas avoir à effectuer une ou deux heures d’échauffement y était sûrement pour beaucoup, j’enchainais les répétitions sans trop prendre le temps de souffler après le dernier mouvement, cette vrille magique qui bourdonnait à mes oreilles, signifiant la fin de la forme. Pratiquer sur terre créait un vide certain: il manquait tous les impacts bâton-sol qui rhythmaient d’habitude mes mouvements. Je n’avais plus que le souffle du vent à chaque grande volte, légers coups de fouets qui donnaient toute sa présence à ce bâton des huit immortels.

Le plaisir était bien là ; les mouvements étaient naturels et fluides, coulant dans mes doigts, pourtant j’étais très loin de maitriser la forme. Le chemin à parcourir était encore bien long et semé d’embûches, pour tout dire je n’avais peut-être pas encore commencé mon pélerinage. J’avais seulement appris à marcher.

Ma femme trouvait que mon ventre manquait de chair, du coup moins agréable au toucher. Personnellement j’avais atteint un poids que je n’avais pas eu depuis quinze ans facile, j’étais plutôt content. L’important était maintenant de ne pas tout perdre trop vite.

Post Wudang jour 1

Pas d’internet pendant le transit, n’oubliez pas le post dessous pour le départ de la montagne.

Réveillé par des explosions (pétards ? tirs de fusils ?), la nuit me laissait dans la gorge une légère sensation amère. C’était le début de la fin. J’étais à la réception de l’hôtel comme prévu à huit heures, et un autre taxi était là pour m’emmener à l’aéroport local, toujours après moult troubles de la conversation.

Je n’eus aucun problème pour enregistrer mon bagage relativement petit (mais plein à craquer : la moitié était en effet constituée d’uniformes pour mes camarades de WIMA au japon), et heureusement pour mes deux bâtons aussi, alors que cela rentrait sans hésiter dans la case “bagage surdimensionné”. Tant mieux.

L’aéroport était tellement local que la présence d’un étranger suffisait pour être interviewé par la télévision, me demandait ce que je pensais de cette belle ville de province. N’y avant séjourné qu’une nuit, et avec les alentours de mon hôtel ne divergeant point de toutes les zones d’habitation que j’avais pu voir, je n’avais rien à dire. L’interview tourna donc sur les monts Wudang et autre Kung-Fu. Le journaliste ne parlait pas un mot d’anglais, il demandait donc aux passants de traduire pour lui et pour moi. Un de ces traducteurs avait visiblement envie de pratiquer son anglais, nous restâmes à discuter jusqu’à l’embarquement.

L’aéroport de Beijing Capital était une autre histoire. Entre les six heures de transit (l’avion avait une heure de retard pour achever le tout), j’eus le temps de trouver les superbes fauteuils en cuir, inclinés comme il fallait pour roupiller comme jamais, manger une pizza (YEAH de la nourriture non grasse et non chargée d’huile, comme plaisantait Raymond) et retrouver la civilisation.

Tokyo, Haneda (l’Orly de Tokyo), ma femme à la sortie des contrôles. Il était trop tard pour retrouver la ville, mais bien assez tôt pour retrouver ma tendre et chère.