Les neuf heures d’avion entre Narita et Vancouver m’avaient parues plutôt courtes, les hôtesses d’Air Canada très plaisantines, la nourriture agréable (mais sans plus), ma voisine avec des montres de grand luxe (oui, une à l’heure du Japon et une à l’heure du Canada) dessinant des mangas à ses heures perdues (mais elle cachait tout, donc impossible de voir le niveau) du haut de sa trentaine bien tassée, les canadiens très agréables et très serviables, toujours souriants, l’hôtel plutôt classe, la ville très jolie, et le décalage horaire pesant.
J’étais donc arrivé vers onze heures et demie du matin à mon hôtel, rien à faire de la journée, sans avoir vraiment recherché les spots touristiques du coin. J’allais donc à l’aventure, avec le petit prospectus gratuit recensant les spectacles du mois comme seul guide, où plutôt comme seule carte.
Je passais donc devant les lieux de la conférence des prochains jours (j’allais présenter un article), l’autre lieu de l’autre conférence que j’allais fréquenter dans la foulée, et je commençais à trouver à Vancouver des airs nord-américains qui pour l’instant ne me déplaisaient pas.
Je déjeunais d’un sandwich tout ce qu’il pouvait y avoir de classique, entre deux “Colleges”, avec un café “latte” à l’américaine, en profitant du WiFi disponible un peu partout pour ne rien regarder du tout au final, me laissant me faire emporter par l’ambiance locale.
Je finissais par tomber sur Chinatown, avec un marchant d’armes de KungFu comme premier magasin. Etonnamment ils avaient exactement le type de bâton dont j’avais besoin, mais à 60$ le bâton et aucun moyen de les transporter, je laissais passer l’occasion. Je passais quand même dans le jardin local, histoire de ne pas être trop dépaysé.
En sortant de Chinatown et en essayant de retourner vers Gastown (pourtant trois rues plus loin) je devais m’être trompé de rue, car j’étais entouré de personnes plus louches les unes que les autres, avec des signes de consommation assez frappants. Je me trouvais un peu trop sévère pour juger ces gens sur leur simple apparence quand la personne devant moi échangeait des billets contre une paire de seringues. Je rangeais mon appareil photo pour franchir l’avenue le plus naturellement possible.
En vérifiant sur ma carte je ne m’étais pas trompé, juste la rue entre Gastown et Chinatown me semblait à éviter pour mes prochaines aventures canadiennes.
J’allais retourner à mon hôtel en faisant le grand tour de Westend, là où étaient les plages de Vancouver, où les gens se baignaient par ce jeudi d’août. Il faisait vingt et quelques degrés à l’abri, sous le soleil direct bien plus, ce qui devait rendre l’eau bien agréable.
Je m’imaginais bien les rejoindre mais le décalage horaire me rappelait que je n’avais pas beaucoup dormi ces dernières vingt quatre heures, se baigner n’était peut-être pas le plus raisonnables des plans. Je continuais donc mon exploration de Stanley Park, où les oiseaux avaient appris à ne pas craindre ces étranges créatures munies d’appareils photos.
Le plus intéressant dans toute cette aventure était de se rendre compte à quel point Vancouver était une ville plus asiatique qu’américaine. J’entendais plus de chinois, japonais ou coréen que d’anglais dans la rue. Une sorte de combinaison des trois pays d’Asie du nord dans un cadre nord-américain (j’étais maintenant tout petit, et tout mince comparé à la moyenne locale).
Je dinais d’un succulent pantin poulet-pesto, je m’accordais un brownien pour dessert (je devais regretter ce geste, chaque bouchée devait friser les centaines de calories, mais quelles calories).
Je voyais le soleil disparaître à l’horizon, et j’essayais de retourner sur la côte ouest, au niveau des plages pour observer le coucher de soleil. Les nuages n’étaient pas vraiment de la partie, le résultat n’était pas vraiment satisfaisant, mais j’arrivais quand même à trouver un petit peu de soleil au milieu d’un saule qui me fit suffisamment plaisir pour vous laisser là pour aujourd’hui.
(demain, plus d’aventures de MacTuitui dans sa cabane au fond des bois)