Erreurs fatales
Ca deconne de partout (commentaires surtout), bougez pas, je m’en occupe sous peu.
Ca deconne de partout (commentaires surtout), bougez pas, je m’en occupe sous peu.
J’ai parfois ce passe-temps assez malsain de replonger quelques années auparavant et de tester les connaissances de mon pote Google dans le domaine des gens entrés en relation avec yours truly. Cette fois-ci, la cible était la charmante japonaise qui m’a appris à parler tel que je parle maintenant, en tous cas en japonais.
La dernière fois que je l’ai vue, il faisait froid, et il s’agissait d’une crèpe party à la maison, je ne sais plus quand, mais bien quatre années dans le passé. Depuis, plus de nouvelles, rien.
— Hé, Google, tu la connais ?
— Oui, jusqu’en novembre 2007.
— Ho.
J’ai donc un aperçu de son parcours professionnel, une photo d’identité de 60 par 60 pixels, où ses cheveux sont courts, et assez classe. Elle fait dans le quantique, à base d’équations de 27 lignes, et autres joyeusetés qui m’échappent. Son nom est connu à Stanford, et toussa.
J’ai même un e-mail qui doit probablement marcher. Un mail de bonne année ? Après quatre ans de silence, et aucune raison de renouer contact si ce n’est une nostalgie mal placée, et une colline de problèmes en perspective ? Jouons-là passif.
聖子ちゃん、5年前隣にいた例のフランス人です。久しぶりですね。今日はただ君のこと思い出しただけです。これが読むことにならないだろうが、万が一。。。
Facile, hein. Dans quelques jours, je supprime son nom.
You know what?
Il s’en est passé des choses depuis la dernière fois. For starters, le batteur du Coffee Shop, ayant cessé de vendre du café pour vivre une succession de voyages-cdd-voyages-cdd, well ce n’est pas comme si il ne faisait pas cela tout le temps, n’étant plus, donc, vendeur de café, les jam-sessions avec les musiciens de Toritsudaigaku sont tombées à l’eau.
Tiens, mon téléphone entre en résonnance avec ma table. Brrrr. Brrrr. Les LEDs rouges transpercent la carapace noire de mon monolithe et m’annoncent le nom d’un de ces musiciens, proche de l’ex-vendeur de café. Je décroche.
— Shimoshimo, dis-je en empruntant le vocabulaire de voyou japonais.
— Bonne année, répond-il sous un bruit de guitare distordue qui remplit le combiné.
S’en suit une discussion sur le cours de la bourse et autres joyeusetés mondaines. Puis il me passe le batteur qui me souhaite aussi la bonne année, et qui m’annonce que son téléphone était coupé, les affres d’une vie comme la sienne, ce qui d’un coup me donne moult excuses de ne pas avoir donné de nouvelles, toussatoussa.
Il apprend que je suis tout seul jusqu’au 8, et propose d’un coup de louer une voiture et de “hit the road, Jack” comme en ‘40, jusqu’au premier onsen montagnard. On verra une prochaine fois.
DieByForty fait bouger des lycéens sur-excités avec moult slams au dessus de la foule. Vidéos à l’appui sur youtube, ce concert du 25 était exceptionnel.
Bonne année 2008.
Il y a deux types de rencontres. Celles où je regarde une demoiselle, quand bien même magnifique, mais “ça” n’arrive pas, et les autres.
“ça”
Tout se passe en une demie seconde, une sorte de pause temporelle où nos pupilles jouent au jeu de celle qui réfléchit le plus. D’habitude je m’en sors pas trop mal à la reflexion, mais dans ces cas-là, c’est une autre histoire.
Bref, il y a celles pour qui “ça” se passe non pas au niveau des yeux, ni des pupilles, mais dans les tripes, un quart de seconde sous le choc, et le reste dans les choux. Une sorte de sentiment qui ne peut qu’être réciproque. Cela se lit sur ses yeux.
Quand on sait que la majeure partie du charisme que l’on peut afficher provient de la taille de sa pupille, il devient nécessaire d’ouvrir les yeux, de chercher à éviter la lumière, pour paraître plus attrayant. Une sorte de jeu de qui a la plus grosse, mais façon gens qui savent, pas le jeu auquel s’adonne une bonne partie de la populace. Pensez lumière tamisée et diner aux chandelles. Oui des fois je peux apporter des arguments à mes hypothèses (Don’t forget: we know it’s true because it says so on the internet, tiens un jour je vous raconterai comment j’ai rencontré Steve McCloud).
Tout ça pour dire que pas plus tard qu’hier, “ça” est arrivé. Au magasin “American Apparel” de Shibuya, sur le chemin qui mène à Omote-sando, je croise le regard d’une gente demoiselle, pourtant accompagnée, et moi aussi. Et là, crac, “ça”, et ce sentiment puissant m’envahit. Celui où tout est possible, parce qu’elle ne peut que ressentir la même chose. Plus besoin de mots. Elle et moi sommes au dessus des mots. Et les trois contacts visuels montrent que chacun ne cherche plus qu’à s’adonner au regard de l’autre. Là où ça chatouille dans le ventre, pour je ne sais quelle raison.
Pour une demie-seconde de bonheur pur et tellement simple que s’en est honteux.
“ça”, c’est un peu ce sentiment magique qui n’arrive que trois fois par an, dans le regard d’une douce inconnue, au détour d’une rue, d’un magasin, d’un chemin pourtant mille fois emprunté. “ça” est tellement puissant que je souhaite à chacun de lui donner le nom qu’il souhaite.
J’ai bien sûr choisi le mien, mais je le garde pour moi.
Général, je réponds à ton bat-signal.
Je vous l’avoue, j’ai passé deux jours en France. Enfin pour être très précis, je suis arrivé le 23 octobre à 04h05, en avance, de Tokyo, pour prendre l’avion pour Hanovre, à 7h05, pour ensuite reprendre l’avion pour Paris, à 12h30. Je suis donc arrivé chez moi, à Lyon, à 17h13, après être parti à 17h48 (heure locale) de chez moi, à Tokyo, la veille. Je suis reparti de Lyon à 06h02, le 26 octobre, pour prendre un train pour Roissy, un avion pour Hanovre, taxi, deux nuits sur place, taxi (4h30 du matin, et oui j’en ai même oublié le décalage horaire), un avion pour Amsterdam, bus-train-train-bus pour faire l’aller-retour Schiphol (se prononce skip’hol) - Amsterdam Centraal le seul jour de l’année où les trains desservant l’aéroport sont en réparation, un autre avion pour Tokyo, trois trains, et arrivée chez moi, vers 13h12, en passant dire un bonjour au vendeur de café (et wai, mec, je fais des posts avec de la suite dans les idées).
Soit 60h49 à Lyon de libres. Si vous étiez fans de mon corps au point de me voir à la sortie de moult heures de vol, malrasétoutça, vous auriez pu me trouver Terminal 2D, Roissy CDG le matin du 23 vers 4h. Je doute que vous soyez motivés à ce point. Donc voilà, je suis passé par chez vous, je repasserai.
Donc parlons-en de Roissy, de Lyon, de Hanovre, de Amsterdam, de la SNCF juste pas en grève et Air France en grève, parlons-en de ce trop bref passage au pays du fromage (ok, c’est valisé), autres saucissonneries (ok, c’est valisé) et autres chocolateries (ok, c’est valisé), sans oublier moult choses diverses (oui c’est paradoxal). Un aller avec une valise de 13 kilo 7 (dont 4 kilo 8 de vêtements, non la valise n’est pas si lourde) et un retour avec la même valise, de 14 kilo 2 (dont 5 kilo 3 de vêtements, propres, merci Maman).
Ah je vous vois venir avec vos talents de devins cachés. Je laisserai planer le mystère parce que voilà, tsé, y’a eu de la casse (j’ai assisté en direct au concours de levé-jetté des bagagistes trac-piste de Roissy, je soupçonne un lien direct de cause à effet, mais je peux me tromper) et que niveau interêt pour toi, lecteur, une tasse et un calendrier, c’est proche du moins un sur Richter (oui, c’est une échelle logarithmique, et oui j’ai des connaissances suffisantes en maths pour corriger des sujets de stage à l’X, je conçois bien le paradoxe).
J’ai apprécié la France telle que je l’ai vue, avec un monsieur d’un certain âge qui me refile son passe deux jours illimité ratp à Roissy, me faisant économiser une somme d’argent aussitôt perdue en frais d’émission à bord (les puristes comprendront), avec son temps relativement clément, aucun manquement à la politesse (les fidèles lecteurs comprendront), et une ambiance dans les rues, une expression sur les têtes de chacun qui inspirait à the pursuit of happiness, comme il est marqué dans la constitution des stazunis, en américain dans le texte.
J’ai apprécié le froid allemand d’Hanovre, l’étudiante visiblement gênée en me parlant (oui, Yvonne, un mètre quatre-vingt au garrot, mignonne comme tout), la bière locale, le chairman pris la main dans le sac et la tête dans les nuages après ma présentation “je réfléchissais à wotre présentation” s’excusait-il en me serrant la main (dans le sac), tout en transformant tous les w en v, sans pour autant créer de nouvelle coccinelle (attention, je signale un jeu de mots très foireux).
J’ai apprécié Amsterdam une fois les 10 heures passées, parce qu’avant ça, ce ne sont que junkies “I’m hungry” et déchets de la veille qui peuplent (un ou deux par hectare) la ville. De quoi avoir peur, et de trouver cela glauque de chez Glock (notez comment je te jeu-de-motise le suicide par balle). Avec des gens, du soleil et des vélos, cela m’a donné envie de revenir, quand il fait beau, à vélo, et avec Marco (prénom néerlandais typique).
Pour moi, les pays-bas représentent peu de choses. Tulipes. Moulins à vent. Van ***. Drogues. Prostitution, Heineken, Amstel. Deux ou trois scènes d’un Largo Winch. Vélos. Ponts. Une amie de terminale -mais cela est une autre histoire que je vous raconterai un jour (elle est même déjà écrite) futur-.
J’ai trouvé cela plutôt étrange de considérer les charmantes blondes qui ont parchemé mon périple comme exotiques. Les yeux verts m’ont fait un effet fou, et je me suis surpris à m’imaginer de retour en Europia.
Mais d’ici là, tout baigne.
Sur les quelques centimètres carrés où mon bureau laisse encore apparaître son blanc laqué d’origine, quatre gouttes de Guiness moussent et s’alignent sur une courbe, origine mon verre. Ce soir, c’est juste toi, moi, quelques mesures issues de Cowboy Bebop, la page blanche, le clavier, et une horloge qui semble résonner avec les grillons ou autres insectes chanteurs de cet automne bien frais.
J’ai cette douce impression de traverser deux ou trois étapes cruciales dans ce qui me sert de vie, et même si je redoute le doute, il ne vient pas. Conviction. Confiance. Des mots en c. De là à pousser jusqu’à connard, je contre, et je choppe une carte mystère. Kamoulox.
Alors oui, cher toi, cela commence à dater, les dernières nouvelles. Je dis toi, tu sais, pas parce que je te connais, je ne me permettrais pas, mais parce que tu dois bien être le seul à être encore là. Les autres ont passé leur chemin, changé de layout wordpress, ou que sais-je encore.
Le curseur clignote bien trop vite à mon goût, déjà deux cent trente trois clignotements depuis les début de cette ligne, et rien ne semble empêcher le compteur de monter, et le curseur de cligner. Une sorte de pression extrême où laisser le curseur clignoter est synonyme de faillite, mais tiens cette proposition je l’ai presque écrite avant que le curseur ne re-clignote, une sorte de respiration qui dure le temps d’une faute, où la touche backspace se fait un peu trop lointaine pour stopper l’inévitable.
Je n’ai rien à dire sur moi. Je suis heureux là où je suis, loin des mélodrames qui ont pu approvisionner ces pages, mais je vais essayer quand même. Exclusivité mondiale. Tuitui au café. Sparti.
Dix-neuf heures quinze, il est temps de sortir de ce laboratoire sans fenêtres, où je forge d’une main de fer une ligne en or dans mon curiculum vitae, avec en prime une lettre de recommendation à fort potentiel, et bien sûr, moult devises commerciales. Je visse mes deux bouchons blancs, synonymes d’une appartenance à un sous-groupe ethnique, l’homo sapiens ipodicus, dans mes lobes, et j’appuie sur le symbole universel du triangle orienté vers la droite. Comme si tout devait aller de gauche à droite, un peu comme les gouvernements et autres histoires bipolaires.
Le flux musical est très léger, et ce ne sont que quelques accords effleurés au piano qui m’entourent d’une douce lueur que vient percer trois mots “Is it real?”. L’ascenceur m’agresse avec sa cloche qui sonne inutilement quatre fois. Au bout du hall, le pavé mouillé m’annonce que la pluie est de la partie, je redresse mon col avant d’affronter tous ces h2o. Tiens, je crois qu’on m’a entendu la-haut, c’est une explosion glacée qui vient à ma rencontre, deux centimètres sous l’oeil droit.
Je bip-bip le portique du métro, je m’isole en tête, épaule contre le mur, dos au conducteur, le regard perdu entre la fenêtre et les passagers. J’entends à peine la sonnerie que les portes se ferment devant moi. Un changement plus tard, oups pardon mademoiselle, non je n’ai pas pu faire autrement qu’effleurer votre fesse droite, vous avez été un peu brusque en essayant de passer. Ce n’est grave.
L’université se devine comme bien souvent à cette heure derrière le flux constant d’étudiants qui en sortent, et pourtant il me faut bien y retourner pour trouver le seul moyen de locomotion qu’il me reste pour conserver un minimum de liberté dans ce pays si prompt à réguler l’inordinaire. Le batiment central se reflète sur l’esplanade bordée de cerisiers, et je me guide à travers le virtuel, laissant filer mon regard de flaque en flaque, ne discernant que silhouettes et autres présences alentour.
Je chevauche mon fidèle destrier, et j’emprunte pour la je ne sais plus millième fois la rue en face de l’entrée principale, non pas celle-là, celle un peu sur la gauche. Un boulanger à l’allemande (Bäckerei) résiste plus longtemps que je ne l’aurais cru à la dure réalité du marché, et un cabinet d’architecte ose le combo rez-de-chaussée baie vitrée, et regarde souvent youtube aux heures où je suis en mesure de constater leur activité. Un peu après l’école primaire, où j’ai déjà perdu une roue à éviter un gamin un peu trop “je fais un écart d’un mètre ou deux parce que je le vaux bien” façon frontflip, malgré ma connaissance du terrain, je tourne à gauche et je débouche sur la gare, et non pas chez moi.
Dix-neuf heures cinquante-cinq, me voilà devant ce simple magasin de fèves de café, qui ferme à vingt heures, mais tous les habitués le savent, c’est à huit heures que tout se passe. Et pour ne pas me contredire le vendeur me tend une tasse de café, il est tard, mais à force d’en prendre, les effets s’estompent, ou alors il sait faire du bon café, sans tirer sur les excitants naturels. En cinq minutes nous sommes six, et je ferme le rideau de fer sur une des portes. Une sorte de rituel qui marque l’appartenance au groupe. Rien d’autre ne nous lie, à part un goût pour le café, et encore. Ces gens-là ne sont pas obligés de trouver un rapport de force entre eux et moi, et c’est bien rare. De même pas vingt ans à la trentaine bien tassée, j’ai l’impression de redécouvrir un peu ce pays avec ce panel de gens de multiples horizons. Que ce soit avec un batteur professionel, un concepteur de motifs de couture, une peintre ou un agent immobilier, le plus agréable dans tout ça, c’est la simplicité du contact.
Juste un ou deux mots parfois, mais l’essentiel est là.
J’ai finalement pris du plaisir à écrire tout ça, et si la motivation ne cède pas, Entre Crochets pourrait revenir à un rythme un peu plus soutenu. Mes salutations.
Journée Workshop, petit déjeuner copieux, une cinquantaine de personnes réunies pour l’occasion, et rien d’autre à l’horizon…
Ma présentation se passe sans soucis, et suscite plus d’interêt que mon professeur pouvait penser. Cotoyer les grands noms du domaine permet de se rendre compte de manière efficace du niveau de mes travaux, et de celui de mes superviseurs.
Discussions intéressantes avec des gens importants. La politique maison qui est de tout faire dans son coin a des limites quand je vois le nombre de colaborations qui sont publiées.
Diner avec une pièce de viande large comme moi (c’est dire). Ce pays fait de moi un gringalet, malgré mon excédent pondéral et mon mètre 73.