svn commit -m “final draft”

Il y a quelque chose de surréaliste à sauvegarder la première version finale
de “phd.tex” ce samedi soir, 18 heures 35.

Tout seul.

Dans les 120 mètres carrés de mon labo, je suis tout seul. Le seul dans ma pièce, tous les autres sont partis à l’étranger ou ont laissé tomber. L’autre pièce montre encore une poignée de bureaux occupés, mais la présence humaine est assez faible ces derniers temps. Je dois avoir le bureau le plus grand de toute l’université.

Mon superviseur et son assistant suspendus pour harcellement académique.

Ma défense dans dix jours.

Tout se resume là. Cette thèse, je suis allé la chercher.

Tout seul.

Et je suis au top of my game. A devoir compiler tout ce que j’ai accompli pendant ces cinq dernières années, tout seul, j’ai eu deux nouvelles idées qui donnent à mon travail une force d’impact comme jamais.

Je suis prêt.

La question n’est plus là, je suis déjà passé à l’étape d’après, là où je fais les choses de moi-même, où je n’ai plus à faire ci parce qu’on me dit ça, sans pouvoir discuter. Je suis seul, mais j’assume.

L’université n’assume pas. Mon jury a été décidé hier, dans une panique assez incroyable. Ils ne cherchent qu’à se protéger, sans poser trop de questions. Ils ne gèrent que le “maintenant”, sans penser que tout ce qu’il s’est passé “avant” remonte à la surface au plus mauvais moment.

Mais là, maintenant, juste là, j’ai les mots justes pour exprimer mon état d’esprit.

Bring it on.

Glaçon pour deux rêveurs

Les filles de leur pays

Mademoiselle Y.

Mélodie rythmique, II

Besoins primaires

Hey, you! Where have you been?