勝負有り
Lundi, juin 28th, 2004Tout commence à une dizaine de pas. L’espace de combat est impressionnant. Un homme en armure se tient en face de moi, sabre au clair. Un bref salut, nous nous approchons un petit peu. Légère pause, puis nous faisons trois pas pour nous retrouver à portée. Nous nous saluons respectueusement. Nous voici accroupis, dans l’attente du signal de départ. Nos regards se croisent, nos voix s’échauffent, et le public applaudit. Je tiens mon shinai de deux mains fermes, mon adversaire reste un peu trop statique, je m’élance, un coup pour détourner son sabre, un coup pour frapper le poignet. Un seul drapeau se lève, tant pis. Le public apprécie. Deux ou trois échanges plus tard et voila que je place une frappe correcte sur la tête qui me vaut une décision unanime des juges. Premier point.
Retour aux positions de départ. Encore des échanges relativement basiques. Un combat de débutants ne doit pas être le meilleur spectacle pour des professionnels, mais le public sait que les encouragements sont très importants. Quelques drapeaux se lèvent, toujours en ma faveur, mais je n’obtiens pas la majorité à chaque coup. Je recommence la même stratégie. Un coup pour détourner et cette fois je vise la tête. La frappe est claire, mon geste acceptable, et les juges lèvent leur drapeau blanc d’un seul geste. Victoire.
Tout commence à une dizaine de mètres. La gare ne paye pas de mine, nous sommes séparés des machines poinçonneuses de la Japan Railways. Une charmante demoiselle arrive en courant, sourire aux lèvres. Un geste de la tête, elle sort son passe. Légère pause, elle fait glisser sa carte sur la machine. Nous nous regardons en attendant que la machine émette son bip caractéristique. Ses yeux sont merveilleux, je lui murmure un bonsoir et le chef de gare nous regarde. Je la serre de mes deux bras, elle se laisse enlacer, je m’élance. Un regard pour la remercier, et un baiser pour la dévorer. Le chef de gare agite son drapeau, le train va partir, tant pis, ce sera pour le prochain. Deux ou trois baisers plus tard et le train s’arête juste tout près de nous. Le drapeau se lève. Premier voyage.
Retour dans une gare. Quelques baisers échanges par-ci par-là. Un couple qui ne se cache pas peut choquer la réserve habituelle des personnes environnantes, mais certains glissent un sourire en nous voyant. Les trains se suivent, ils vont tous vers chez moi, mais je ne me décide pas à y monter. Je la serre dans mes bras à nouveau. Un regard pour plonger dans ses yeux, un baiser pour lui témoigner mes sentiments. Le résultat est clair, ma performance acceptable, et je finis par prendre mon train. Elle a gagné, j’ai craqué.