Elle
Lundi, janvier 31st, 2005Tu aurais du l’écouter mieux que ça. Lui faire un peu plus confiance. Tenter de repérer les mots-clés de son diagnostic. Mais tu t’es contenté de peu, et en allant faire une radio, donc un deuxième avis, tu aurais pu arriver un peu plus au fait de ce qu’il t’arrivait. Au final, en retournant chez le kiné, il a pris le temps d’expliquer ce qu’il t’arrivait, afin que tu puisses t’abandonner sous ses mains. Et il te le rend bien. La douleur disparait progressivement, doucement, la tête continue d’être sensible, surtout dès que tu bouges un peu vite. Tout a l’air d’aller mieux, lentement, et tu espères, sûrement.
Et c’est dans cet état un peu second que tu te trouvais ces derniers jours, à alterner maux de tête, mal de dos, mal de cou. Autant dire que tu étais exécrable, la pire des raclures possibles, insensible, froid, sans la moindre attention, du genre “je souffre”. Et bien sûr, tu remercies tous ceux qui t’ont supporté, et elle surtout, qui t’a senti glisser, et même à un moment tu as douté de ce qu’elle pouvait représenter pour toi, de ce qu’elle était pour toi. Les rares moments où tu l’apercevais, entre deux périodes de douleur et quand elle pouvait se libérer de son travail, tu n’étais pas là pour elle, tu devais être ailleurs, quelque part où tu ne te sentais pas heureux.
Et en revenant à un état un peu plus calme, où les antalgiques deviennent presque superflus tellement la douleur revient dans des zones acceptables, tu t’es souvenu. C’est elle que tu veux. Elle et personne d’autre, là, maintenant.