Bouffonnerie
Jeudi, septembre 21st, 2006Je jongle entre les formulaires papier, les formulaires d’électrons, les formules de maths, les formes de ma douce, et ma forme, tout simplement. Un visa à renouveler, un bureau de l’immigration situé entre une décharge et une entreprise de poisson dans un polder très mal desservie (serait-ce un signe ?), et une motivation proche de zéro, quand les services en question ne répondent pas à un mail qu’ils ont pourtant lu (en leur téléphonant deux jours plus tard, ils avouent), ne m’aident pas à attaquer la montagne de cette année qui s’avance.
Déjà, avancer dans mes recherches. Pour l’instant, j’ai trouvé deux ou trois trucs, mais je bute sur le gros point. Ensuite, trouver un travail, des sous, le moyen de rester un peu plus dans ce pays de fous tant qu’ils veulent encore de moi (et quand le nouveau premier ministre -éléction interne au parti dominant- a des vues très “sympathiques” sur la question, le doute est permis). Et pour cela, il me faut passer un examen d’anglais, peu importe lequel, my tailor is rich but my english sucks, u know. Et un examen de japonais, pour lequel les deux milles idéogrammes de mes potes chinois ont décidé de s’inscrire à la liste des connaissances requises. Non pas que je leur en veuille hein, mais partir de pas grand chose et arriver à deux mille, c’est pas évident évident, surtout quand comme moi, on ne sait jongler qu’à trois balles.
Encore ce serait un diabolo ou un baton du fiable, je dis pas, mais jongler, je suis pas fort. Plutôt débutant tu vois, le mec qui a pas les gestes assurés, qui fait illusion trente secondes puis une des balles s’envole d’un côté et d’une tentative désespérée, qui l’envoit à des dizaines de mètres, l’air béat, tu vois.
Donc voilà, les papiers qui s’accumulent, les idéogrammes qui volent dans tous les sens (wé, parce que roseau, je vois bien, mais roseau = fleur + chien + feu, tu vois, c’est pas immédiat comme relation) (enfin heureusement que je fais pas de botanique, ni de la pêche), le temps qui passe, et il a fallu que je relise Géradon pour me remettre à écrire, comme quoi, tu vois, c’est possible. Hier encore c’était la misère, mais là, les mots viennent tout seul. Pour toi, le mec qui a attendu un mois ce nouveau post, ces quelques mots qui sont loin de parler romance et autres thèmes que le fidèle d’Entre Crochets connait bien, j’écris. Pour moi aussi, parce que finalement, ça fait du bien.
Il ne me reste plus qu’à attendre la reponse du “attorney-office.com”, en éspérant qu’ils soient plus prompts à répondre au téléphone qu’à mon mail, pour savoir si demain, je bosse, ou si demain, je me fraie un chemin dans le poisson séché, les poubelles, et une prison (hein, si ton visa est pas en règle, tu as même pas à sortir du batiment ! Pratique, non ?).
Sinon la France c’était bien bon, mon ventre en garde encore des séquelles qui vont rester quelques mois si je me fatigue pas. Ma douce est ravie, et je ferai pas de name-dropping, c’est pas mon genre, regardez à droite, ils sont par là. Les seuls trucs que je drop, ce serait des tables, mais là encore, non, j’ai pas envie.
Bref, tu vois, ma vie tourne comme une montre sans aiguilles, sans douze pour marquer la fin ou le début, y’a juste la trotteuse qui fait un drôle de bruit dans ma tête, un peu comme le générique de 24, mais en plus soft, enfin un truc du genre. Tchi-pou, tchi-pou, tchi-pou.
En fait c’est juste ma respiration quand j’oublie tout le reste.