Pupillochoc

Dimanche, novembre 4th, 2007

Il y a deux types de rencontres. Celles où je regarde une demoiselle, quand bien même magnifique, mais “ça” n’arrive pas, et les autres.

“ça”

Tout se passe en une demie seconde, une sorte de pause temporelle où nos pupilles jouent au jeu de celle qui réfléchit le plus. D’habitude je m’en sors pas trop mal à la reflexion, mais dans ces cas-là, c’est une autre histoire.

Bref, il y a celles pour qui “ça” se passe non pas au niveau des yeux, ni des pupilles, mais dans les tripes, un quart de seconde sous le choc, et le reste dans les choux. Une sorte de sentiment qui ne peut qu’être réciproque. Cela se lit sur ses yeux.

Quand on sait que la majeure partie du charisme que l’on peut afficher provient de la taille de sa pupille, il devient nécessaire d’ouvrir les yeux, de chercher à éviter la lumière, pour paraître plus attrayant. Une sorte de jeu de qui a la plus grosse, mais façon gens qui savent, pas le jeu auquel s’adonne une bonne partie de la populace. Pensez lumière tamisée et diner aux chandelles. Oui des fois je peux apporter des arguments à mes hypothèses (Don’t forget: we know it’s true because it says so on the internet, tiens un jour je vous raconterai comment j’ai rencontré Steve McCloud).

Tout ça pour dire que pas plus tard qu’hier, “ça” est arrivé. Au magasin “American Apparel” de Shibuya, sur le chemin qui mène à Omote-sando, je croise le regard d’une gente demoiselle, pourtant accompagnée, et moi aussi. Et là, crac, “ça”, et ce sentiment puissant m’envahit. Celui où tout est possible, parce qu’elle ne peut que ressentir la même chose. Plus besoin de mots. Elle et moi sommes au dessus des mots. Et les trois contacts visuels montrent que chacun ne cherche plus qu’à s’adonner au regard de l’autre. Là où ça chatouille dans le ventre, pour je ne sais quelle raison.

Pour une demie-seconde de bonheur pur et tellement simple que s’en est honteux.

“ça”, c’est un peu ce sentiment magique qui n’arrive que trois fois par an, dans le regard d’une douce inconnue, au détour d’une rue, d’un magasin, d’un chemin pourtant mille fois emprunté. “ça” est tellement puissant que je souhaite à chacun de lui donner le nom qu’il souhaite.

J’ai bien sûr choisi le mien, mais je le garde pour moi.