Mademoiselle Y.
Elle fait partie de ces gens qui ont le contact facile, le rire au coin des lèvres, le sourire bloqué sous les joues et la repartie sèche, intéressante tendance impitoyable. Elle laisse une impression étrange, où l’on ne sait trop si elle s’est amusée ou ennuyée. Elle intrigue beaucoup de gens, avec son exotisme très local qui lui donne tout son charme. Certains locaux ont du mal à comprendre ce qu’elle dit tant elle s’emporte dans ses mots.
Elle a ce pouvoir mystérieux commun à beaucoup de demoiselles aux yeux d’amande, où une demie-seconde lui suffit pour rejoindre Méduse. Elle attire le regard. Elle le garde avec elle.
La voilà donc avec son habituelle heure de retard, en micro-short bleu et débardeur léger. Sa voix porte loin, de l’entrée elle fait vibrer la table basse. Elle a apporté un peu d’alcool, du fromage industriel emballé comme des saucisses, et un paquet de Pocky.
Tournoi de Mario Kart sur l’écran géant. Elle se défend correctement. Je suis assis par terre, adossé au bout d’un canapé sans dossier, et elle s’assied à califourchon, jambes écartées, micro short bleu, vous avez bien suivi. Ma queue de cheval l’intrigue vraisemblablement assez pour qu’elle trouve drôle de jouer avec. Au niveau de son entrejambe. Je vous laisse toutes les remarques grivoises que cela n’a pas manqué de provoquer.
Elle a peur de faire la roue. Allez savoir pourquoi. Elle essaie de se lancer, mais elle s’arrête et lance un “j’ai peur j’ai peur” (oui, je vous traduis ses paroles gratuitement, je suis grand seigneur). Elle plaisante sur la forme de ses fromages, et autres subtilités du comment manger du fromage en saucisses.
Vient le moment d’aller faire quelques feux d’artifices au parc d’à côté. Deux ou trois fusées plus loin, elle s’installe dans une balancoire et défie Newton et sa gravité. Elle m’invite à faire de même sur la balancoire d’à côté.
Pour être franc avec vous, faire de la balancoire à 23 heures, dans un parc en plein milieu de Tokyo, où l’objectif est bien sûr d’aller plus haut que l’autre, accompagnés de rires simples, c’est très surréaliste.